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24 avril 1671, Madame de Sévigné (le suicide de Vatel)
"Le Roi arriva
jeudi ; la chasse, les lanternes, la promenade, la collation dans un lieu
tapissé de jonquilles, tout fut à souhait. Au souper, il y eut quelques
tables où le rôti manqua, à cause de plusieurs dîners où l'on ne s'était point
attendu. Vatel dit plusieurs fois: je suis perdu d'honneur. La nuit
vient: le feu d'artifice ne réussit pas; il coûtait 19000 F. À
quatre heures, un petit pourvoyeur apporte seulement deux charges de marée: "Est-ce là tout?" demande Vatel. "Oui, Monsieur." Il attend, les
autres pourvoyeurs ne viennent point; il croit qu'il n'aura point d'autre
marée; il monte à sa chambre, met son épée contre la porte et se la passe au
travers le coeur; mais ce ne fut qu'au troisième coup qu’il tombe mort.
La marée arrive de tous côtés; on cherche Vatel pour la distribuer.. on le
trouve noyé dans son sang; Monsieur le Duc pleura; c'était sur Vatel que reposait
tout... Cependant Gourville répare sa perte..
on dîna très bien, fit collation, on soupa, on se promena, on joua, on fut à la
chasse; tout était parfumé de jonquilles, enchanté. . "
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7 décembre 20/12/12
La duchesse arriva à l’hôpital jeudi en proie à des nausées. Tout fut à souhait. Avec des remèdes, elles cessèrent ;
elle s’endormit. Deux chroniqueurs se faisant passer pour la reine s'enquérirent de sa santé. La berceuse Jacintha
Saldanha s'en fût quérir une qui répondit "Elle va bien, elle dort". Lorsque l'affaire fut révélée, la reine fit ouïr son ébaudissement d'une telle forfaiture en un lieu de si belle pratique. La nurse se suicida. La duchesse se porte parfaitement. Les chroniqueurs sont à la Tour.