Ce blog parle de villages dont on s'occupe peu dans les médias, parfois miniers comme Saint Florent sur Auzonnet, niché dans une vallée retirée, envaginé au creux de montagnes, Molières sur Cèze, Le Martinet, Saint Jean de Valériscles, La Grand Combe etc... Une vie poétique et dure à faire renaitre pour tous. Germinal. Ayant filé plus loin que prévu -grâce à Aliaa Elmahdy- il est à présent bilingue français-anglais. This blog speaks about Cevennes villages unknown in media, sometimes mining (coal), Saint Florent, nestled in a secluded valley, Molières, Le Martinet, St. Jean, La Grand Combe ... A poetic and hard life revives here. Germinal (Zola). Having spun further than expected, thanks to Aliaa Elmahdy, it is now bilingual. Note: if someone finds mistakes in english, I would be pleased if he corrects them ! Thanks. Hélène Larrivé

jeudi 17 avril 2014

La performance de Milo Moiré, critiques de mecs qui se lâchent






... quoique pondre des œufs est à tout coups beaucoup plus facile que pondre un bébé, on en rêverait toutes ! !!
http://femmesavenir.blogspot.fr/2012/10/accouchement-douleur-controverse.html



 Ce qui est intéressant ici, c'est le malaise qu'elle a suscité sur des réseaux sociaux, même parmi des gens habituellement nickel chrome question humanisme et intellectuellement très pointus. On ne peut pas parler de tollé mais enfin par moment, on est limite. Du coup, ça interpelle.. d'où cet article qui ne fait que relater (alors que sans cela je n'y aurais pas prêté beaucoup attention -je suis sur un chantier- même si je trouve d'emblée la démarche intéressante.) C'est bien le signe qu'elle a réussi ! On s'aperçoit ici qu'il faut expliquer des évidences à des gens habituellement plutôt au top.. ce qui revient un peu à expliquer la règle de trois à des gus bossant sur l'équation de Fermat. (Et l'humour y perd beaucoup!..) 





G C : méthode éprouvée, l´exhibitionnisme ´ouvre les portes du net, j´aurais rajouté des plumes dans le c.

GN : Exhibitionnisme vaginal "artistiquement con temporain : un nouveau GENRE! de poule (à poil) pond des Oeufs (Génétiquement Modifiés ?) fécondés ou pas fécondés? les a mateurs d'omelettes s'en moquent..

AS : et alors ? ça apporte quoi au juste ? m'en fous!
NJ : Pondue pour sa notoriété.

HL (apparemment je suis la seule femme sur le fil) :  Mais non, vous n'avez pas compris, c'est juste une image, un symbole, un archétype, un paradigme (les femmes réduites à des pondeuses) il faut tout vous expliquer, les mecs, on dirait que votre cerveau est embrumé par le sexe, et non celui de Milo. On nous a tellement fait honte de notre corps, même et surtout en s'en servant (comme fabrique de chair à canon) que c'est la réaction normale. Bravo à Milo.
            NJ : Qu'est qu'on est con.
HL : Je n'ai jamais dit ça, au contraire, pour des trucs pointus comme la politique extérieure de Poutine par rapport à ... vous (enfin je simplifie) êtes au top. Mais pour des évidences quotidiennes, au contraire, un peu... durs à la détente, (intellectuellement s'entend évidemment. )
NJ  L'intellect est défaillant mais la bite est au garde à vous : je vois que la condamnation des préjugés sexistes n'est pas à double-sens.
HL:  Pas tout à fait, simplification abusive. Les préjugés "sexistes à DOUBLE SENS" ? Mmm un concept intéressant. Remplace "sexiste" par "antisémite" par exemple et tu verras ce que ça donne. Non?

NG  Ouais enfin bon, le coup de la pondeuse, en terme de symbolique c'est du lourd, du très lourd ! Et y a pas besoin d'avoir un QI de 150 pour comprendre qu'on soit un mec ou une nana, excusez moi mais c'est un peu léger comme réflexion sur sujet... A + !
H L : Je ne sais pas ; c'est surtout quand on en prend plein la gueule et TOUS LES JOURS qu'on comprend mieux. Comme dirait cet abominable Nietzsche ("seul ce qui ne cesse de faire souffrir etc..")

SA : La peinture et ses lolos sont beaux, après le démarche est à mourir de rire
GO : Oui, je comprends, mais c'est pas parce qu'on comprend que... D'ailleurs ce serait un homme qui pondrait des œufs avec son c... que ça me ferait sans doute le même effet. Enfin, ce qui me gêne plutôt c'est qu'on essaie de lier ça à une référence artistique. Et ça me gêne parce que... où est l'art là-dedans ? Ça j'ai du mal. Performance, oui et certes, et pas des moindre, mais. Je repense à Klein. Est-ce qu'aller jusqu'au bout d'une idée fait de l'art ? Ou est-ce d'autre chose dont il s'agit. Les Femen par exemple, est-ce que ce sont des artistes alors ? Est-ce qu'un député est un artiste ? Est-ce qu'une maîtresse d'école est une artiste ? Où est le concept d'art ici, à part de vouloir vendre une toile sur un marché, - celui de l'art effectivement - qui va s'en emparer comme une simple marchandise à rentabilité ? J'ai vraiment du mal du mal à joindre les bouts du puzzle...
NG : Le problème c'est que la performance en elle-même ouvre la voie à des réactions stéréotypées et non à une vraie réflexion....
SA : Parle pour toi, ma réflexion est saine
HL : Je ne suis pas spécialiste mais je ne vois l'art que comme quelque chose qui dit ce que le logos ne peut pas dire (ou essaie mais sans succès). Si Milo avait baladé une pancarte en disant "nous ne sommes pas des pondeuses, à bas la société machiste capitaliste.." ce que nous faisions autrefois consciencieusement de Bastille à République par tous les temps!! personne n'en parlerait. Idem pour ce que dénoncent les femens. C'est en ce sens que je vois l'art (mais il y a sans doute d'autres conceptions.) Lorsque je me suis aperçue dans ma galerie que des analphabètes (immigrés non francophones) comprenaient d'emblée une install (sur l'inégalité de la répartition des richesses et la guerre en Irak -le pétrole-) alors que le logos, couic, forcément, ils ne parlaient pas français......

HL : D'accord Nicolas (Gaurin), on n'y échappe pas : il y a plein de mecs (?) qui regardent... en pensant peut-être à autre chose. Mais ça ne fait rien.
NG : Je ne pense pas du tout à ses seins et à son cul, c'est complètement desérotisé enfin presque!
AS : une femen dans l’art ?
HL : Les femens ont fait de leur corps un support d’œuvres militantes, artistiques détournées si on veut (image par exemple du printemps de Botticelli, je suppose etc.. ) pour le tourner en dérision évidemment ("la" femme-fleur..)

[suite du dialogue ici "on se lâche un peu -un peu plus devrais-je dire- vers 21 heures" -l'apéro peut-être?-.. http://femmesavenir.blogspot.fr/2014/04/dialogues-sur-milo-moire-et-sa.html ]

ET JUSTE COMME RAPPEL, OUR BODY IS NOT ASHAMED
.

our body 2 par helenelarrive

LE DOSSIER 
http://femmesavenir.blogspot.fr/2014/04/quand-les-femmes-prennent-leur-corps-en.html

mardi 7 janvier 2014

On a les héros que l'on mérite


 Une image détournée de "défense" de D.



Il me souvient de sa mort (lien) et surtout de son "enterrement" *, au cours duquel sa femme avait eu le courage extraordinaire (et on était loin des femens à l'époque!!) de venir habillée à l'africaine c'est à dire boubou et seins nus, ce qui avait déclenché une petite querelle entre mes parents tous deux également navrés de cette disparition, mon père, homme à femmes pourtant (!) ce qui n'est pas incompatible, se montrant -légèrement- choqué ("la femme d'un premier ministre tout de même"..) mais ma mère, qui commençait à devenir -vraiment- féministe (ça lui a pris tard, avant c'était plutôt "elles n'ont qu'à faire comme moi, quand on veut on peut, ce sont des idiotes" etc.. omettant qu'elle avait bénéficié d'une éducation relativement privilégiée et qu'elle était genre surdouée).. ma mère donc, d'avis opposé...quant à moi qui n'avais pas voix au chapitre, c'était la première fois que je voyais des seins de femme, nous venions juste d'avoir la télé -après longues délibérations entre mes parents-.

lundi 6 janvier 2014

Nuléricable !!

 
Download as fast as your wife changes her mind 
(with "numéricable"..)

Download as fast as your guy fires a shot
 

samedi 17 août 2013

Un homme responsable... à temps partiel ou "forfaiture"

Un chouette type autrefois pourtant mais qui, voguant au gré de sa peur de la solitude... et des autres à la fois (!) a mal tourné (lien).. sans consistance, s'alignant sur qui le prend*, de l'un/e à l'autre... avec la meilleure volonté du monde, il fout la merde partout, surtout avec des -relativement- innocent/es. Pardon à celle/s qui actuellement fait/font partie de la charrette. 

* Mais il faut quand même un minimum, comme dirait Coluche : beau cul (enfin relativement) et/ou bel appart, les deux étant le top.. qu'il semble avoir trouvé. Mais pas de panique ("ne fais pas d'histoires pour 'ça' !".. Mmm, 'ça', j'aime beaucoup) c'est moi qu'il aime... mais il ne veut pas "lui" faire de mal, (faire de mal à "ça"?) elle ne se remettrait pas de sa perte (!) J'adore ! de plus en plus. Se dégrader finalement est bien : cela rend la perte moins douloureuse et même nécessaire. Comme dirait Kant.  

Ou "nul n'est méchant volontairement"..

Ma vie amoureuse... et le scandale des HLM de Paris ! Tout se tient !

Justice or revenge? Really, I do not know. The two perhaps? I'm not a saint but an activist. It's not the same. Justice ou vengeance? Je ne sais pas. Les deux peut-être, je ne suis pas une sainte mais une engagée, ce n'est pas la même chose.




I met him in Paris. He was lebanese. Je l'ai rencontré à Paris. Il était libanais.



 
  He fell in love with me, a fool love (he said).. But he hesitated for two years. He is not a supersonic. He did not dare to oppose his family who would not accept me (I am not jewish). I married another, but I divorced
Il tomba amoureux de moi (un amour fou dit-il) mais hésita deux ans. (Il n'est pas un supersonique.) Il avait peur de s'opposer à sa famille (je ne suis pas juive). J'en épousai un autre, puis divorçai.
 
and marry him. I saved him from the abyss. So does he, at first.. et l'épousai lui. Je l'ai sauvé de l'abîme. Lui aussi, au début.
 


 He became old, as me. Il devint vieux. Comme moi.


 


And sad because I was not the same.. (as him!) Et triste car je n'étais plus la même. Comme lui!









I left Paris for the south, my country, as we always said (in a year as he asserted.. for 30 years!) But alone. Je quittai Paris pour le Midi, comme nous avions toujours dit que nous le ferions... pendant 30 ans (dans un an disait-il .. pendant 30 ans.) Mais seule.
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He met another woman, younger, very different. Il avait rencontré une autre femme, très différente.
 .


Not too pretty but gentle and resourceful, ô yes,very... Pas mirobolante mais gentille et dégourdie.. très!
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With a nice ass (he said) and a beautiful apartment in Montparnasse ("social housing" but not for every body!-) where she rents rooms to students. Good business. Avec un joli cul (m'a-t-il dit) et un bel appart à Montpar (une HLM mais pas pour tout le monde!) où elle loue des chambres à des étudiants. Bon job.



A slum in Montreuil as he bought for his son (a good father indeed!) and the appartment where he lives with Colette (and her nice ass).
Everywhere there are people who manage very well... and others less well ! She belongs to the first kind. So does he. Un taudis à Montreuil quasi semblable à celui qu'il a acheté pour son fils (un bon père) et l'appartement dans lequel il vit avec Colette. Partout, il y a des gens qui savent se débrouiller et d'autres non.

And it's over. Et tout fut fini.

dimanche 30 juin 2013

Dans le métro, on gueule et on ne sourit pas! Sinon garde à vue.





Une histoire singulière ? Voire ! Dix heures du matin, Paris, le métro. Jean Baptiste Rumelier rend à son travail, de bonne humeur, au retour de vacances, redevenu en quelque sorte "humain". Las, ça ne pardonne pas. D’abord, en entrant dans la rame, il lance "bonjour tout le monde" ce qui est de la plus grossière incorrection avant d’aller s’asseoir en s’excusant de bousculer involontairement des usagers, ce qui évidemment est extrêmement louche. Puis, il aggrave son cas en laissant son siège à une personne âgée et pire, un peu plus tard, en donnant le journal gratuit qu’il a lu. La tension monde, la foule gronde silencieusement. Tout explose quand une jeune femme s'excusant de lui ayant marché sur les pieds, il lui répond aimablement "Ce n’est rien du tout, voyons". C’est alors que devant un comportement si inhabituel, les gens demandent l’intervention du service de sécurité de la RATP ; Jean Baptiste est promptement serré et placé en garde à vue. La police salue la réaction efficace et maîtrisée des usagers. "Dans un contexte marqué par le terrorisme, certains comportements apparaissent plus suspects que d’autres, ce qui permet de rapidement localiser ces individus." (Mmm ?!?! les poseurs de bombes sourient rarement avant de lâcher leur truc ou de se faire sauter avec.)
 
Extrêmement révélateur d’une société urbaine à la fois candide et parano, déshumanisée qu'on dit. Dans le métro, on ne sourit pas, on se terre dans sa décrépitude, le regard vide, on ne voit pas les autres et surtout on n’intervient pas, on regarde seulement les pub qui défilent, et si on vous marche sur les pieds, on gueule. Ce sont les codes à connaître impérativement et à pratiquer dans toute société civilisée. Non mais ! Un dangereux marginal qui de retour de vacances, (sans doute à l'étranger, par exemple en Afrique) était redevenu humain, saluant, laissant sa place, ne protestant pas lorsqu'on lui écrasait les orteils etc... Ça ne pardonne pas = garde à vue et sans doute expertise psychiatrique, les flics saluant la rapide réaction des passagers, bons citoyens efficaces.

Le pire est qu'il a dû faire amende honorable en expliquant que juste revenu de vacances, en somme, il n’était plus tout à fait adapté au monde dans lequel il vivait. Désolé, le prochain coup, je ferai comme il faut.


vendredi 7 juin 2013

Une vie de femme, ce n'est pas tout à fait pareil que celle d'un homme!. Esclavage infantile tout à fait toléré.

Parce que parfois il est plus facile 
d'écrire dans une autre langue..

"Catharsis", gallery "Archétype", HL

"Childhood"

"Adolescence"

The outside world
"Special school for teacher training", Aix en Provence, 15 years old






[In fact, a school for "poor" young girls (whose families could not allow them to study normally in high school) who, after a competition, if they were received !! were sentenced to 3 years of prison (from 15 to 18 years) to have the right to study and, after their "high school diploma" (baccalauréat)… were forced to become teachers of primary school all their life... (they want or not was the same... as if they had been "bought" by the Institution which had housed and fed them during 3 years).. and forbidden to go to University, even if their results were excellent. A kind of child slavery, quite tolerated (although, if you look closely, illegal). "You are not your owner now, but you belong to "National Education" and don't have the right to get sick" told us a mathematic teacher the first week. Shortly after, I commit suicide. Just to show their I was free. So I managed to escape from this prison.. as only one on 70 "detainees".]


Adulthood


Old age

samedi 1 juin 2013

Agression sexuelle sur enfant, l'importance du débriefing !





Portraits (exécutés par moi) d'un homme qui, il y a des lustres (très exactement en 51) m'a agressée sexuellement, dans un car (ces vieux cars avec de hauts dossiers isolant complètement les voyageurs) qui reliait Clé à St Ambroix, deux villages distants de 8 km. Je le prenais seule tous les jeudis et samedis pour aller chez ma grand-mère. 

J'avais environ 3 ans. Ma mère m'avait appris où descendre après plusieurs trajets de "répétition", ça collait. Les premières fois, elle me confia au chauffeur et propriétaire des cars Pascal, Léon (?) puis ce ne fut plus nécessaire. Ce jour-là, elle m'avait fait asseoir au milieu, par prudence en cas d'accident, et sur le siège intérieur. J'étais censée ne pas bouger jusqu'à ce que j'aperçoive le "papier collant", (en fait une affiche jaune circulaire sur la gauche) ou le pont, moment où je devais me préparer pour aller vers la porte.
.
Il y avait peu de voyageurs, notamment personne derrière moi. Un homme est monté à l'arrêt suivant (Clairac?) ou s'est déplacé de son siège (?) et s'est installé au même niveau que moi, de l'autre côté de la travée, côté fenêtre. Il me regardait avec insistance, souriant d'un étrange rictus. J'étais mal à l'aise. Puis il sortit de leur emballage en papier-soie divers objets dont je ne me souviens que d'une magnifique petite lampe rouge avec un support en bois tourné, tout en me fixant. Je la contemplais avec intérêt; il poussa alors les objets sur ses genoux et m'invita à venir m'assoir à ses côtés; quelque chose en moi résistait. Et puis je ne devais pas bouger (mais c'était juste à côté). D'autre part, il faut obéir aux grands. Dilemme. A qui ?

Je le revois toujours. Il faut dire que son allure était impressionnante: maigreur extrême, teint quasi diaphane, rares cheveux roux sur un visage chafouin émacié et rose, barbichette étique de la même couleur, mains très fines dont les doigts, aux ongles rongés, étaient rougis aux phalanges et de petits yeux de porcelaine délavée, fixes : un vieil enfant souffreteux.* Après deux invitations, j'obéis à regret. Son odeur aussi était désagréable (mais pas infecte) indéfinissable : renfermé, naphtaline, sécrétions nasales? Là, il me mit la lampe dans la main et me posa des questions en série, quel âge avais-je (je l'ignorais) quel était mon poids (?!?) je l'ignorais aussi etc... Son visage avait changé, ses yeux ne me fixaient plus mais soudain était apparu sur ses genoux un étrange objet (auquel il devait particulièrement tenir car il le serrait en fermant les yeux) rose, annelé, assez vilain, ça semblait accroché à lui, pas sûr, au milieu du bazar, on ne pouvait voir d'où il sortait. De plus, l'objet semblait grossir. Etonnant. 

En même temps, il avait mis sa main sur mes cuisses (en fait il l'avait déjà depuis le début de la conversation) mais cette fois, en contact direct avec ma peau -cela me gênait de plus en plus mais je n'osais rien dire- et pire, il montait. Il saisit alors ma propre main et tenta de l'amener vers l'objet qu'il serrait, ce à quoi je me refusai à voix haute (par chance, je m'exprimais bien et n'étais pas timide) ; il n'insista que peu mais sa main remonta alors jusqu'à mon sexe et soudain, sans prévenir, il me pinça violemment. Là, révoltée, je criais "mais vous me faites mal!"; il cessa mais continua à se masturber tout en me maintenant et me frottant les cuisses. L'expression de son visage, les yeux soudain fermés, me fit peur.

Je guettais avec une immense impatience le "papier collant" qui allait me délivrer. Pendant ce temps, toujours sa main, toujours ces étranges mouvements de va et viens, mais plus de pinçons et elle ne "remontait" plus. Enfin, l'affiche, je pris mon sac, me levai, après m'être excusée, courus jusqu'à la porte, et avant même que je ne descende, ma grand-mère me soulevait dans ses bras. Je lui expliquai aussitôt qu'un monsieur etc etc.. avec tous les détails... 

Je pensais qu'une telle aventure était si inouïe que personne ne me croirait sauf peut-être elle mais sa réaction ainsi celle des deux dames venues elles aussi m'attendre me stupéfia. Rapide, elle me confia à l'un d'elle et fila à la poste (je suppose pour téléphoner et faire arrêter le car?) Les deux dames m'amenèrent comme une grande brûlée juste en face et dans la cuisine me questionnèrent en feu roulant. Moi qui avais craint de ne pas être crue, voilà que je l'étais bien au delà de ce que je n'aurais pu imaginer. Cette insistance me mit mal à l'aise, presqu'autant que le "monsieur": qu'était-il arrivé de si effroyable pour que Marguerite filât comme un éclair et me laissât à ces deux-là? "Jusqu'où est-il monté?" "Montre-nous." "Il t'a fait mal?" "Montre-nous où." Elles se consultèrent, les yeux inquiets : "Il y a une marque!" "Tu as saigné?" L'une finit par me jucher sur la table et voulut enlever ma culotte. Je refusais avec force, "si, il le faut, on doit voir ce qu'il t'a fait"... NON!! 

Enfin Marguerite survint !! et leur intima l'ordre de me laisser tranquille. Puis, après un bref conciliabule entre elles à voix basse, nous partîmes enfin, un kilomètre de marche dans la campagne, pendant lequel elle m'expliqua très calmement.. "Ce que ce monsieur avait fait était très très mal, çaurait même pu être pire, il y avait des messieurs qui aimaient faire du mal aux enfants, c'était rare mais ça existait, il fallait le savoir.. mais il serait sévèrement puni. Et surtout, il ne fallait jamais obéir aux adultes lorsqu'ils vous demandent des choses qui vous mettent mal à l'aise. Les adultes peuvent être méchants envers les enfants..." Elle me félicita aussi pour avoir très bien réagi en criant et en lui parlant tout de suite.. et conclut en me disant qu'elle se sentait, elle, responsable, ainsi que ma mère car personne ne m'avait jamais mise en garde, croyant que cela ne pouvait pas arriver ici, dans un car familial où tout le monde se connaît.. Puis on parla de chats, de la chèvre et de l'île flottante qui m'attendait et le soir, en me lavant, l'air de rien, elle regarda la marque légère du pinçon et me dit que dans deux jours il n'y paraîtrait plus. Personne n'en parla plus et je n'en fus jamais traumatisée. Il est probable que si on m'avait livrée de force à un "examen" méticuleux, il en eût été différemment.

Toutefois, 62 ans après, je peux encore dessiner son portrait (mais cela n'est pas propre à cette aventure -j'ai une bonne mémoire des visages-).

*Rétrospectivement, il est probable qu'il s'agissait d'un débile mental ou d'un malade génétique auxquels il est impossible d'attribuer un âge, (entre 25 et 40 ans).

vendredi 31 mai 2013